COMMUNIQUE DE LA PRESIDENCE DE L’UNIVERSITE DU 14 MARS 2006 Malgré le durcissement de la situation et l’échauffement de certains esprits, la Présidence de l’Université Paris 7-Denis Diderot n’entend pas se départir de sa ligne de conduite initiale, qui est de rester dans le domaine de compétence fixé par la loi Savary. Dans son article 3, celle-ci dispose en effet que « le service public de l’enseignement supérieur est laïc et indépendant de toute emprise politique, économique, religieuse et idéologique ; il tend à l’objectivité du savoir; il respecte la diversité des opinions. » Le fait que quelques présidents d’université, quelques conseils d’administration et quelques directeurs d’UFR aient cru bon de s’affranchir de ce texte en se prononçant sur le fond du CPE n’est donc pas une raison suffisante pour que l’établissement change de position. A ce propos, la Présidence de Paris 7 dément catégoriquement les intentions que lui prête à tort un journal gratuit distribué ce jour. Comprendre les inquiétudes légitimes des étudiants et parfois leur désarroi devant la situation qui leur est faite est une chose. Mais cela ne signifie pas que l’on soit d’accord avec le blocage prolongé de plusieurs universités et encore moins avec les contrôles d’accès imposés par certains. D’ailleurs, tout en étant hostiles au CPE, nombre d’étudiants désapprouvent la méthode consistant à imposer ce blocage à l’ensemble de la communauté universitaire. Beaucoup s’inquiètent à juste titre des semaines de cours perdues et des examens qui approchent, d’autant plus que le mouvement semble s’installer dans la durée. Si aménager le calendrier universitaire est envisagé, une telle solution ne pourra résoudre tous les problèmes posés. Si l’avenir des jeunes ne peut laisser personne indifférent (et l’université a aussi pour mission de préparer l’insertion professionnelle de ses étudiants), il n’appartient pas pour autant à l’institution universitaire de s’engager sur le terrain strictement politique. Par contre, il est du rôle de l’université d’encourager le débat d’idées, y compris sur des sujets conflictuels. Voilà pourquoi l’université Paris 7-Denis Diderot se propose d’organiser une journée-débat le mercredi 22 mars sur le thème « quels contrats de travail ? », en collaboration avec les étudiants et les personnels. Il s’agira d’une discussion contradictoire réunissant, durant la matinée, des spécialistes (juristes, économistes, sociologues, historiens) et durant l’après-midi des « acteurs », autour d’une table-ronde (syndicats de salariés, syndicats patronaux, chefs d’entreprise, associations). Privilégier le dialogue pluraliste, ne pas s’enfermer dans ses convictions, ne pas confondre échange de vues et anathème, apprendre à dépasser ses servitudes partisanes pour écouter les idées de l’autre, en un mot favoriser l’ouverture d’esprit, il s’agit bien là d’une mission essentielle de l’université.